Jouy-en-Josas (1) : Cotisons-nous pour offrir au président de la République un (bon) manuel de macro-économie (première année)

Le discours prononcé par le président devant un parterre du Medef (au sein duquel se trouvaient bien peu de véritables chefs d’entreprises ayant monté leur propre entreprise), ce discours jugé « historique » par Laurence Parisot, est très grave pour le pays.
Appliqué tel quel il rétrogradera la France au mieux au rang de plaque d’assemblage industriel du type de Singapour…Il semble bel et bien qu’aux yeux du chef de l’État la France soit irrémédiablement un petit pays émergent.
Premier exemple - Il a déclaré : « Je veux aller beaucoup plus loin dans l'allègement de la taxation du travail... Je veux aller plus loin dans la remise en cause de nos prélèvements fiscaux, dans la réforme fiscale ».
Nous avons très souvent écrit pourquoi il était impensable d’approcher le fonctionnement de notre économie sous l’angle exclusif des fameuses « charges » pour reprendre le vocabulaire sclérosé de l’UMP.
Parce que les dites « charges » font aussi que environ la moitié de la population française (enfants, retraités, malades, etc…mais aussi médecins, policiers, professeurs etc…) vivent et consomment. Supprimer la fiscalité, la re-donner aux très grands groupes mondialisés, cela revient à supprimer quasiment la moitié de la consommation de la France. D’un coup…. enclenchant une récession qui fera passer la crise de 1993 pour un aimable jeûne collectif. Entendez bien, gens de droite : les exportations françaises ne pourront jamais contre-balancer un tel choc. Elles pourront au mieux en absorber un petit 5ème… et encore si les entreprises ne font pas toutes faillite sous le choc provoqué par l’effondrement de la demande intérieure.
Il faut que quelqu’un dise à notre président que les consommation intérieure et l’investissement intérieur c’est 85% de notre croissance ! et que ce sont ces 85% là qu’il assassine quand il veut supprimer les prélèvements…
Nous reviendrons dans les jours qui viennent sur toutes ses déclarations : demain, la concurrence en Sarkozye…
(AFP) Les principaux points du discours de politique économique prononcé jeudi par Nicolas Sarkozy, lors de l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines):
- FONCTIONNAIRES: "Je me suis engagé à ne pas renouveler un emploi de fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Je n'y ai pas renoncé. C'est la réforme qui permettra de diminuer le nombre de postes".
"Le nombre des directeurs d'administration centrale sera divisé par deux".
- 35 HEURES: "Je veux aller beaucoup plus loin dans l'assouplissement des 35 heures pour redonner des marges de manoeuvre plus importantes à la politique salariale".
- GDF: "J'ai proposé à Suez de fusionner ses activités énergétiques avec Gaz de France et de constituer un grand groupe de gaz et d'électricité à la dimension du marché européen dont l'Etat sera l'actionnaire. Cela suppose que Suez fasse un choix stratégique en se spécialisant dans l'énergie. Il appartient maintenant à ses actionnaires d'en décider".
- PRIX: "Expliquer qu'il n'y a pas de problème de pouvoir d'achat en France, c'est se moquer du monde"
- FISCALITE: "Je veux aller beaucoup plus loin dans l'allègement de la taxation du travail. Je veux aller plus loin dans la remise en cause de nos prélèvements fiscaux, dans la réforme fiscale".
- CONTRAT DE TRAVAIL: "Je suis favorable à ce que soit ouverte la possibilité d'une séparation à l'amiable dans les entreprises, dont les conditions pourraient être fixées à l'avance"
- BCE/Euro: "On a dit +il ne faut pas parler du cours de l'euro parce que la Banque centrale européenne est indépendante+", mais "justement parce qu'elle est indépendante elle doit accepter le débat".
"Expliquer que l'euro n'a pas fait monter les prix, c'est se moquer du monde"
- BANQUES: "Jouer le jeu pour les banques, c'est ne pas prêter davantage, ou plus facilement, aux spéculateurs qu'aux entreprises et aux ménages. C'est ne pas resserrer le crédit à l'économie pour compenser les risques excessifs qu'elles ont pris sur les marchés financiers".
- JUSTICE:
"La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme".
"J'ai demandé à la garde des Sceaux Rachida Dati d'interdire la pratique des dénonciations anonymes".
- DISTRIBUTION: "Je veux aller beaucoup plus loin sur la concurrence pour faire baisser les prix à la consommation - je pèse mes mots - en intégrant toutes les marges arrière dans le calcul du seuil de revente à perte. Un dispositif particulier sera étudié pour les produits agricoles".
"Je ne dis pas qu'il faut ouvrir tous les magasins le dimanche, dans toutes les villes, et je comprends parfaitement que le repos dominical, ça compte. Mais au nom de quoi interdire l'ouverture à tout le monde?".
Suite du message...



