Le développement des pays pétroliers et la Charte de l'environnement : JR Ewing en rit encore!
Source image : http://www.museum.tv/ 
Le pétrole est une denrée rare mais rendue utile par le mode de développement que nous avons collectivement choisi depuis la première ligne de production Ford. Pour ces deux raisons, il devait un jour ou l’autre devenir cher, de plus en plus cher ; c’est chose faite, et ce n’est pas une tendance contre laquelle nous devons lutter : espérons que ce sera un levier suffisant pour pousser à une prise de conscience politique que nos sources énergétiques doivent être profondément repensées, et que Renault-Nissan, Volkswagen et autre Fiat doivent être obligées, par la puissance politique, à lancer de véritables programmes de développement d’automobiles électriques ou consommant d’autres formes de carburant, ce que ces entreprises n’ont jamais fait, confortablement assises sur leurs rentes, et encouragées en cela par les mastodontes du pétrole que sont Shell, Texaco, Total etc…
Sur le jeu joué par ces dernières il convient de s’arrêter un instant. Les pays producteurs de pétrole touchent finalement très peu de la manne financière tirée de leurs sols : jusqu’à présent les entreprises pétrolières internationales ont su « amadouer » un nombre suffisamment important de responsables locaux pour que les royalties exigés par ces pays pauvres demeurent ridicules au regard des profits dégagés par les entreprises. Mais cela est en train de changer.
Ainsi, le Venezuela (90% de sa richesse liée au pétrole) vient d’annoncer qu’il veut plus ; qu’il impose aux compagnies pétrolières étrangères de signer un protocole d'accord transformant les contrats d'exploitation en sociétés mixtes avec le géant public vénézuélien. Et que si un accord n’était pas possible, et bien il ferait ce qu’il est en doit de faire : nationaliser. Une vingtaine de multinationales se sont pliées à cette exigence, dont les groupes américains Chevron et Harvest, l'anglo-hollandais Shell, le britannique BP, l'espagnol Repsol, le chinois CNP et le brésilien Petrobras, alors que la plus grande compagnie pétrolière du monde ExxonMobil a préféré vendre sa participation dans un gisement… mais voilà, Total pleure déjà d’avoir à partager un peu plus la rente qu’il tire d’Amérique Latine. Alors même que notre géant pétrolier avait encore un arriéré de plus de 100 millions de dollars non réglé au gouvernement vénézuélien, il a exigé l’intervention de la diplomatie française. Et bien sûr, le gouvernement français a pris fait et cause pour Total…. tant il est connu que Total est une entreprises fragile sur le plan financier, et qui utilise ses bénéfices pour investir et non pour arroser ses actionnaires gourmands. Donc le ministre délégué à l'Industrie François Loos a rencontré à ce sujet son homologue vénézuélien Rafael Ramirez en lui expliquant que « La compagnie pétrolière française Total doit bénéficier de conditions de travail "normales" au Venezuela ». Prouvant ainsi une nouvelle fois que notre gouvernement se découvre toujours plus prompt à soutenir le capitalisme aride et financier (et en l’espèce même colonisateur) que le capitalisme d’innovation et de développement économique.
Question : que va dire Monsieur Loos face à la situation bolivienne ? Le président de Bolivie, Evo Morales, premier indien élu à la tête de la Bolivie, a annoncé lundi la nationalisation de tous les hydrocarbures du pays, où l'armée a pris le contrôle des gisements gaziers et pétroliers. Il a expliqué que les gisements d'hydrocarbures passaient désormais dans le giron de la compagnie publique nationale YPFB. Un délai de 180 jours a été donné aux compagnies pétrolières étrangères opérant dans le pays pour régulariser leur situation, à travers de nouveaux contrats d'exploitation réservant une part de 82% à l'Etat. La mesure concerne quelque 26 compagnies étrangères dont Repsol (Espagne), Total (France), Exxon (Etats-Unis), British Gas (GB), Petrobras (Brésil), implantées dans le pays qui détient après le Venezuela les deuxièmes réserves de gaz d'Amérique du Sud, estimées à environ 1.550 milliards de mètres cubes.
Est-ce que Monsieur Loos tiendra compte du fait que la Bolivie qui produit en outre 40.000 barils de pétrole par jour, est la nation la plus pauvre du sous-continent ? Que la misère y touche 70% de la population ? Et que se faisant, M. Morales remplit une promesse de sa campagne électorale ?
La misère qui s’approfondit et qui menace les libertés et la stabilité géopolitique du monde devrait rendre évident que l’urgence pour nous, pays riches, est d’œuvrer en commun à la fois au développement des pays pauvres et à la régulation environnementale de notre croissance économique. Mais on en est bien loin avec la droite française qui, d’une main, fait voter une charte constitutionnelle de l’environnement pour s’en prendre à quelques petits paysans français, et, de l’autre, soutient les intérêts financiers des actionnaires de l’entreprise bénéficiant le plus de la pollution de la planète sans même l’excuse de créer des emplois en France…

Le pétrole est une denrée rare mais rendue utile par le mode de développement que nous avons collectivement choisi depuis la première ligne de production Ford. Pour ces deux raisons, il devait un jour ou l’autre devenir cher, de plus en plus cher ; c’est chose faite, et ce n’est pas une tendance contre laquelle nous devons lutter : espérons que ce sera un levier suffisant pour pousser à une prise de conscience politique que nos sources énergétiques doivent être profondément repensées, et que Renault-Nissan, Volkswagen et autre Fiat doivent être obligées, par la puissance politique, à lancer de véritables programmes de développement d’automobiles électriques ou consommant d’autres formes de carburant, ce que ces entreprises n’ont jamais fait, confortablement assises sur leurs rentes, et encouragées en cela par les mastodontes du pétrole que sont Shell, Texaco, Total etc…
Sur le jeu joué par ces dernières il convient de s’arrêter un instant. Les pays producteurs de pétrole touchent finalement très peu de la manne financière tirée de leurs sols : jusqu’à présent les entreprises pétrolières internationales ont su « amadouer » un nombre suffisamment important de responsables locaux pour que les royalties exigés par ces pays pauvres demeurent ridicules au regard des profits dégagés par les entreprises. Mais cela est en train de changer.
Ainsi, le Venezuela (90% de sa richesse liée au pétrole) vient d’annoncer qu’il veut plus ; qu’il impose aux compagnies pétrolières étrangères de signer un protocole d'accord transformant les contrats d'exploitation en sociétés mixtes avec le géant public vénézuélien. Et que si un accord n’était pas possible, et bien il ferait ce qu’il est en doit de faire : nationaliser. Une vingtaine de multinationales se sont pliées à cette exigence, dont les groupes américains Chevron et Harvest, l'anglo-hollandais Shell, le britannique BP, l'espagnol Repsol, le chinois CNP et le brésilien Petrobras, alors que la plus grande compagnie pétrolière du monde ExxonMobil a préféré vendre sa participation dans un gisement… mais voilà, Total pleure déjà d’avoir à partager un peu plus la rente qu’il tire d’Amérique Latine. Alors même que notre géant pétrolier avait encore un arriéré de plus de 100 millions de dollars non réglé au gouvernement vénézuélien, il a exigé l’intervention de la diplomatie française. Et bien sûr, le gouvernement français a pris fait et cause pour Total…. tant il est connu que Total est une entreprises fragile sur le plan financier, et qui utilise ses bénéfices pour investir et non pour arroser ses actionnaires gourmands. Donc le ministre délégué à l'Industrie François Loos a rencontré à ce sujet son homologue vénézuélien Rafael Ramirez en lui expliquant que « La compagnie pétrolière française Total doit bénéficier de conditions de travail "normales" au Venezuela ». Prouvant ainsi une nouvelle fois que notre gouvernement se découvre toujours plus prompt à soutenir le capitalisme aride et financier (et en l’espèce même colonisateur) que le capitalisme d’innovation et de développement économique.
Question : que va dire Monsieur Loos face à la situation bolivienne ? Le président de Bolivie, Evo Morales, premier indien élu à la tête de la Bolivie, a annoncé lundi la nationalisation de tous les hydrocarbures du pays, où l'armée a pris le contrôle des gisements gaziers et pétroliers. Il a expliqué que les gisements d'hydrocarbures passaient désormais dans le giron de la compagnie publique nationale YPFB. Un délai de 180 jours a été donné aux compagnies pétrolières étrangères opérant dans le pays pour régulariser leur situation, à travers de nouveaux contrats d'exploitation réservant une part de 82% à l'Etat. La mesure concerne quelque 26 compagnies étrangères dont Repsol (Espagne), Total (France), Exxon (Etats-Unis), British Gas (GB), Petrobras (Brésil), implantées dans le pays qui détient après le Venezuela les deuxièmes réserves de gaz d'Amérique du Sud, estimées à environ 1.550 milliards de mètres cubes.
Est-ce que Monsieur Loos tiendra compte du fait que la Bolivie qui produit en outre 40.000 barils de pétrole par jour, est la nation la plus pauvre du sous-continent ? Que la misère y touche 70% de la population ? Et que se faisant, M. Morales remplit une promesse de sa campagne électorale ?
La misère qui s’approfondit et qui menace les libertés et la stabilité géopolitique du monde devrait rendre évident que l’urgence pour nous, pays riches, est d’œuvrer en commun à la fois au développement des pays pauvres et à la régulation environnementale de notre croissance économique. Mais on en est bien loin avec la droite française qui, d’une main, fait voter une charte constitutionnelle de l’environnement pour s’en prendre à quelques petits paysans français, et, de l’autre, soutient les intérêts financiers des actionnaires de l’entreprise bénéficiant le plus de la pollution de la planète sans même l’excuse de créer des emplois en France…
Cat : politique économique
1 Comments:
Vous écrivez "Le pétrole est une denrée rare mais rendue utile par le mode de développement que nous avons collectivement choisi depuis la première ligne de production Ford". La formule est séduisante, mais est-elle juste ?
En quoi y-a-t-il eu un "choix collectif" ?
Il me semble que la photo de JR que vous avez choisi pour illustrer ce post est une réponse : il n'y a pas eu de "choix collectif" ... en tout cas pas délibéré collectivement ...
Peut-être vouliez-vous dire que le modèle de consommation qui s'est imposé depuis la 1ère ligne Ford, essentiellement appuyé sur la consommation massive d'hydro carbure, résulte d'un choix collectif par défaut, d'un choix implicite ?
En tout état de cause, pour en sortir, [car c'est cela l'enjeu : "Sortir de l'impasse pétrolière"], il faudra vraiment une délibération collective, approfondie, sinon la sortie du modèle "nous sera imposée" ... et les moins favorisés en subiront les terribles conséquences.
Pour "sortir de l'impasse pétrolière", la réponse doit être démocratique, c'est à dire à l'exact opposé du non choix collectif qui a marqué notre entrée dans l'économie carbone, et accessoirement à l'exact opposé des conditions d'entrée du système de production électrique français dans le tout-nucléaire.
Vaste chantier. La gauche française en sera-t-elle capable ?
By
Eric Loiselet, at 8:38 AM
Enregistrer un commentaire
<< Home